Cycle féminin, Cycle menstruel, Equilibre hormonal, Fertilité

Qu’est-ce qui dans l’hygiène de vie peut nuire à l’ovulation?

L’ovulation est un processus physiologique cyclique durant les années fertiles de la ménarche (premières règles) à la ménopause. Ovuler est important pour la fertilité certes, mais pas seulement. Ovuler est un signe de santé. Dans un cycle menstruel au naturel, l’ovulation signe l’équilibre hormonal du système reproducteur déjà. Et la production ovarienne d’oestrogènes et de progestérone en équilibre a de nombreux effets bénéfiques sur la santé reconnus scientifiquement aujourd’hui. En effet, un faible taux d’oestrogènes et associé à la perte de densification osseuse par exemple. De même que la progestérone, que l’on ne produit en quantité significative que lorsque nous ovulons, a des effets préventifs avérés contre les cancers du sein et de l’endomètre (utérus).

Certaines pathologies organiques ou génétiques ont un impact sur l’ovulation, l’hygiène de vie aussi. Mais qu’est-ce qui dans l’hygiène de vie peut nuire à l’ovulation? Tout simplement tout ce qui peut mettre l’homéostasie du système hormonal global en déséquilibre. En effet, l’ovulation ne dépend pas que des ovaires. Le processus physiologique qui sous-tend l’ovulation démarre dans le cerveau et plus précisément grâce à une glande précise du cerveau : l’hypothalamus. Et ce dernier ne s’occupe pas que de l’ovulation, non. L’hypothalamus se charge de notre survie. Il est en charge de fonctions vitales comme la faim, la soif, le sommeil, la température corporelle et la réponse au stress. Ces fonctions sont sous-tendues par des processus hormonaux elles-aussi. Et devinez quoi, parmi toutes ces fonction, l’ovulation ne fait pas partie de ses priorités. Sa priorité à notre hypothalamus, c’est que nous survivions. Et tomber enceinte ne fait pas partie du mode survie.

L’hypothalamus fait partie de notre système nerveux central, il crée un pont entre notre système nerveux et notre système hormonal. Pour que notre hypothalamus produise l’hormone GnRH à l’origine de notre ovulation, il faut qu’il nous considère assez en sécurité. Notre survie dépend nos équilibres nerveux/émotionnel, nutritionnel et énergétique. Si l’un de ces pans n’est pas en équilibre, l’hypothalamus considère que nous n’avons pas assez d’énergie pour nourrir une autre vie que la nôtre. De même, une autre glande du cerveau régie par l’hypothalamus entre en jeu, l’hypophyse. Et tout ce qui peut dérégler ses productions hormonales nuira à l’ovulation aussi.

Mais alors, concrètement, qu’est-ce qui dans l’hygiène de vie peut empêcher l’ovulation?

  1. Le stress, quand il n’est pas contre-balancé par des temps de retour à soi sans pression ni agenda. L’hypothalamus communique aussi avec nos glandes surrénales qui produisent nos hormones du stress comme le cortisol par exemple. Le cortisol inhibe les effets sur nos ovaires de nos hormones LH et oestrogènes nécessaires à l’ovulation. De même, si l’ovulation a bien lieu, le cortisol inhibe la production de progestérone nécessaire à l’implantation et la nidation.
  2. Le sport intensif ou un déséquilibre entre apport et dépense énergétiques. Le sport intensif crée un stress sur l’organisme et lui fait dépenser une quantité d’énergie conséquente. Si l’activité sportive n’est pas contrebalancée par des temps de récupération et un apport énergétique adéquat, l’hypothalamus va associer cela à une situation de famine. Le cortisol va être davantage produit aux dépens des hormones nécessaires à l’ovulation.
  3. Vivre un deuil, une dépression, un burn-out sans prendre de temps pour soi, sa reconstruction, sa guérison. Toutes ces situations causent évidemment du stress chez la personne qui les vit. Un état de stress chronique engendre un épuisement physique. Le mode survie ou l’état d’alarme permanent impacte les surrénales, qui elles-mêmes impactent la thyroïde et qui, à son tour, impacte les ovaires. Tout est lié en nous et nous ne sommes pas fait(e)s pour vivre en mode survie/état d’alarme de manière non stop. Cela peut nuire à davantage que juste notre capacité d’ovuler. S’autoriser à vivre ses émotions est plus salutaire que de les fuir, pour sa santé comme pour sa fertilité.
  4. Être en sous-poids ou ne pas manger assez. Les troubles du comportement alimentaire peuvent nuire à l’ovulation. Notre hypothalamus ne peut nous permettre d’ovuler s’il nous considère en état de famine ou de dénutrition. Dans le cas de l’anorexie, la GnRH, la leptine (hormone sécrétée quand nous avons assez de réserves de graisses et que nous sommes assez nourri(e)s) et les oestrogènes sont trop réduits pour permettre l’ovulation. Dans le cas de la boulimie, seule la LH (hormone qui permet la rupture du follicule qui contient l’ovule mature) est trop réduite pour permettre l’ovulation.
  5. Être en vrai surpoids avec une résistance à l’insuline. L’obésité peut aussi nuire à l’ovulation en causant une production trop grande de testostérone. De plus, une trop grande production de leptine empêche la production d’oestrogènes nécessaires pour l’ovulation. Enfin, la résistance à l’insuline entraine une production hypophysaire trop basse de FSH (hormone responsable de la maturation des follicules qui contiennent les ovules non matures) et trop grande de LH, ce qui empêche l’ovulation.
  6. Avoir une alimentation trop industrielle pauvre en nutriments. Une alimentation qui ne soutient pas l’équilibre de la glycémie, qui crée une inflammation ou une dysbiose intestinale et ne contient pas de micro-nutriments essentiels fait le lit du mode survie aussi. Une alimentation quotidienne qui ne nourrit pas notre équilibre global reste un stress. Et pour notre hypothalamus, qu’importe le stress, du moment qu’il y en a, et qui plus est de manière chronique, ça reste un état d’alarme pour se mettre en mode survie. Rappelez-vous, l’ovulation ne fait pas partie du mode survie.
  7. Ne pas assez dormir ou avoir un sommeil de mauvaise qualité. Nous avons une hormone du sommeil, la mélatonine. Et vous savez quoi? Nos ovaires ont aussi des récepteurs pour cette hormone. En fait, notre ovulation dépend aussi de l’équilibre de la mélatonine, c’est-à-dire de la qualité de notre sommeil et du cycle nuit/jour. Nous avons besoin de notre production naturelle de mélatonine causée par l’obscurité. Les écrans et la lumière bleue empêchent sa production naturelle. A l’inverse, une trop grande dose induite par complèmentation nuit aussi à l’ovulation. Tout est une question d’équilibre dans l’hygiène de vie.
  8. La prise répétée de cachets anti-douleurs AINS (anti-inflammatoires non stéroïdiens) comme l’antadys, l’ibuprofène, l’advil… Ces cachets empêchent notre production de prostaglandines. Or nos prostaglandines sont nécessaires pour l’ovulation. Elles permettent la rupture du follicule qui contient l’ovule mature. De fait, la prise répétée de ces médicaments peut empêcher l’ovulation. De plus, il a été prouvé que les AINS provoquent des pseudo-ovulations ou LUF (follicule lutéïnisé non rompu) qui sont en fait des anomalies de la rupture folliculaire.

Voici quelques exemples de l’impact de notre hygiène de vie au quotidien sur l’ovulation. J’aurais pu vous parler de la pilule mais cela me semblait trop évident et c’est un sujet qui pourrait faire l’objet d’un article à lui seul. Mon travail en Naturopathie, c’est de vous éduquer et de vous accompagner pour construire une hygiène de vie adaptée à la personne que vous êtes pour soutenir votre équilibre global, votre fertilité et donc la capacité de votre corps à ovuler. Si je me suis aussi formée à la Symptothermie Moderne comme outil de travail, c’est aussi pour pouvoir vous apprendre à repérer si vous ovulez à chaque cycle et que vous puissiez en déduire quelque chose sur l’impact de vos choix de vie par vous-mêmes.

Si vous ressentez le besoin que je vous accompagne pour apprendre la Symptothermie ou pour construire une hygiène de vie adaptée à votre profil et vos valeurs, n’hésitez pas à prendre rdv via l’onglet « RDV en ligne », je serais ravie de pouvoir être là pour vous.

Je vous souhaite de bien prendre soin de vous,

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Sources:

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  • Berga SL: The brain and the menstrual cycle. Gynecological Endocrinology 24(10): 537, 2008
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  • Seidenfeld M, Rickert V: Impact of anorexia, bulimia, and obesity on the gynecological health of adolescents. American Family Physician 64(3): 445, 2001
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  • Shavi Fernando, Luk Rombauts: Melatonin: shedding light on infertility? a review of the recent literature. J Ovarian Res 7:98, 2014
  • Joanna H. Sliwowska, Chrysanthi Fergani, Monika Gawałek, Bogda Skowronska, Piotr Fichna, and Michael N. Lehman: Insulin: its Role in the Central Control of Reproduction. Physiol Behav. 0: 197–206, 2015

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