Cycle féminin, Cycle menstruel

TDPM, que faire ?

C’est quoi le TDPM ?

Le TDPM, trouble dysphorique prémenstruel, est une forme beaucoup plus sévère de SPM (syndrome prémenstruel). Il constitue un ensemble de symptômes qui interfèrent avec la vie quotidienne survenant en phase lutéale (prémenstruelle) touchant davantage la sphère émotionnelle et psychologique que le SPM. Il est question de dépression, d’angoisses et de sautes d’humeur marquées. Par ailleurs, le TDPM est classé depuis 2013 comme trouble dépressif dans le DSM-5 (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux, référence internationale de médecine psychiatrique). Le TDPM est cyclique, il est différent de la dépression qui, elle, est constante et ne s’améliore pas les règles passées.

C’est quoi les symptômes du TDPM ?

A l’heure actuelle, selon le DSM-5, les symptômes du TDPM sont les suivants :

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  1. Sautes d’humeur marquées (p. ex., sentiment de tristesse soudaine sans raison apparente)
  2. Irritabilité ou colère marquées ou une augmentation des conflits interpersonnels
  3. Humeur dépressive marquée, sentiments de désespoir ou d’auto-dépréciation
  4. Anxiété et tension marquées, ou nervosité
  5. Diminution de l’intérêt pour la vie quotidienne
  6. Difficultés de concentration
  7. Faible énergie ou fatigue
  8. Modifications marquées de l’appétit, fringales spécifiques
  9. Insomnie ou hyperinsomnie
  10. Sentiment d’être submergée ou de perdre le contrôle
  11. Symptômes physiques associés au syndrome prémenstruel (p. ex., douleur du sein, œdème)

Pour qu’il y ait diagnostic de TDPM, il faut que les symptômes surviennent en phase prémenstruelle et s’apaisent après les règles.

Quelles sont les causes du TDPM ?

Les causes du TDPM peuvent être :

  • une intolérance à l’histamine
  • une sensibilité altérée à l’allopregnalonone (le principal métabolite de la progestérone)
  • un manque de sérotonine et/ou de GABA
  • une mutation du gène MTHFR (défaut de méthylation)
  • un traumatisme psychologique ou un stress chronique qui crée de l’inflammation de bas grade ou bloque le processus de méthylation
  • une déficience en nutriments qui soutiennent le système nerveux

Les causes peuvent être multiples. C’est pourquoi, l’approche holistique de la naturopathie ne se concentre pas sur un symptôme mais sur le soutien de l’équilibre global par une hygiène de vie adaptée à soi.

Les traitements de la médecine classique

A ce jour, il y a généralement deux traitements que la médecine classique propose pour ne plus souffrir du TDPM :

  • La pilule contraceptive car elle inhibe l’ovulation et donc le cycle menstruel naturel avec ses phases dont la phase prémenstruelle
  • Les ISRS (inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine) car ce sont des antidépresseurs. Ils sont prescrits en continu ou seulement 14 jours par cycle avant les règles en phase lutéale/prémenstruelle

Pour certains cas sévères, le ou la médecin peut proposer :

  • un agoniste de la GnRH (gonadotropin-releasing hormone) avec des hormones de synthèse, cela éteint le cycle menstruel naturel complètement
  • une ovariectomie qui supprime définitivement le cycle menstruel

Ce que la naturopathie peut apporter

D’un autre coté, la naturopathie se concentre plutôt sur la qualité de l’hygiène de vie (nutrition, sommeil, activité physique…) pour réequilibrer le cycle et non le supprimer.

Considérons par exemple de ce qui dans l’hygiène de vie peut aider en cas de TDPM :

  • Une alimentation qui soutient l’équilibre glycémique car le lien entre une alimentation avec un index glycémique trop élevé et les troubles de l’humeur comme l’anxiété ou la dépression a été prouvé scientifiquement.
  • Une alimentation riche en antioxydants, molécules et nutriments anti-inflammatoires car l’inflammation de bas grade altère la fonction des récepteurs à GABA.
  • Un apport suffisant en vitamines du groupe B dont B5, B6, B9 et B12 surtout (un complément peut être nécessaire, surtout si mutation du gène MTHFR ou stress chronique).
  • Un apport suffisant en magnésium (avec une complémentation en magnésium bisglycinate).
  • Une consommation régulière d’aliments riches en tryptophane qui est le précurseur de la sérotonine (hormone du bonheur).
  • Réduire pendant la phase prémenstruelle les aliments qui contiennent de l’histamine.
  • Un complément de GABA d’origine naturelle ou de Griffonia Simplicifolia (5-HTP).
  • Mettre en place un temps chaque jour réservé à soi dans l’agenda avec la même importance qu’un rdv pro ou médical.
  • La pratique régulière de la respiration complète ou de la cohérence cardiaque.
  • La pratique régulière d’une activité physique adaptée à soi (Yoga, marche, boxe, danse…).
  • La complémentation en ashwagandha, qui est une plante adaptogène qui réduit l’anxiété, en comprimés ou en poudre mélangée dans une boisson chaude ou un latte du soir.
  • Apprendre les spécificités des phases du cycle menstruel au naturel et comprendre l’importance d’écouter ses limites et de ralentir le rythme avant et pendant les règles.

Besoin d’aide ?

Ainsi, si vous souffrez gravement psychologiquement avant vos règles, sachez que la naturopathie peut aider à ce que ça ne se répète plus à chaque cycle. Si vous ressentez le besoin de prendre rdv pour être accompagnée n’hésitez pas. Vous pouvez directement prendre rdv à l’onglet « RDV en ligne » sur le site. Les rdv sont disponibles en ligne comme au cabinet.

Votre naturopathe menstruée et passionnée,

Margot-Hélène Piquenot

Sources :
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