Cycle féminin, Cycle menstruel, Equilibre hormonal

SPM à l’ovulation?

D’ordinaire, comme son nom l’indique, le Syndrome Prémenstruel concerne la phase prémenstruelle. Pourtant, certaines personnes subissent des symptômes de SPM en phase ovulatoire. Comment cela se fait-il? Je vous explique tout cela dans cet article.

Pour rappel, le SPM regroupe un ensemble de symptômes douloureux comme maux de tête, anxiété, seins douloureux, acné, douleurs digestives, musculaires ou articulaires et même parfois des symptômes qui rappellent ceux de l’allergie… Le SPM bien que commun n’est pas normal, c’est le signal d’un déséquilibre. Il peut être évité ou grandement diminué grâce à la naturopathie. De même il convient de savoir différencier le SPM, du molimen cataménial et du TDPM, pour ce faire, je vous renvoie à mon article « Le SPM c’est quoi et est-ce obligatoire? ».

Mais pourquoi certaines personnes subissent du SPM à l’ovulation en plus de parfois avant les règles aussi? Ces deux moments du cycle sont des moments où les œstrogènes sont en nette hausse avant de chuter. Et ce qu’il faut savoir c’est que les fortes production d’œstrogènes, quand elles ne sont pas contrebalancées par une production de progestérone, font le lit de l’intolérance à l’histamine qui est une des causes majeures du SPM, surtout quand il intervient à l’ovulation seulement, ou en plus de la phase prémenstruelle.

Qu’est-ce que l’histamine? C’est une molécule de signalisation de notre système immunitaire. Elle est responsable des réactions inflammatoires allergiques mais intervient aussi dans d’autres régulations physiologiques concernant l’acidité stomacale, l’ovulation et la libido. Nous avons besoin d’un peu d’histamine pour notre équilibre de santé globale mais son excès est délétère, il provoque ce qu’on appelle une intolérance à l’histamine.

Quel est le lien entre œstrogènes et histamine? Les œstrogènes stimulent nos mastocytes à libérer de l’histamine par leur dégranulation. De plus, ils nuisent à notre capacité à éliminer l’excès d’histamine en empêchant notre enzyme Diamine Oxydase (DAO) de le faire. Enfin, ce qu’il faut savoir, c’est que plus il y a d’histamine, plus il y a d’œstrogènes et vice-versa, un cercle vicieux peut s’engendrer.

Quels sont les symptômes de SPM en lien avec les œstrogènes et l’histamine?

  • maux de tête
  • troubles de l’humeur comme anxiété, nervosité ou irritabilité
  • congestion nasale, rhume
  • problèmes digestifs comme crampes, diarrée, nausée ou aigreur d’estomac
  • douleurs articulaires
  • problèmes de peau comme démangeaison, urticaire, eczéma ou acné
  • palpitations, faible tension artérielle, vertige, fatigue
  • troubles du sommeil, insomnie
  • crampes utérines (à savoir: l’excès d’histamine peut aussi être en cause dans les douleurs de règles)
  • seins douloureux
  • gonflements, œdèmes

Qu’est-ce qui peut être cause dans l’excès d’oestrogènes qui entraine ces symptômes de SPM par intolérance à l’histamine?

  • La pilule contraceptive car elle cause un excès d’œstrogènes
  • Une déficience enzymatique génétique en DAO et HNMT
  • Un manque de vitamine B6 qui est un cofacteur de la DAO
  • Un excès d’œstrogènes dû à un manque de progestérone ou à une difficulté à les détoxifier (par méthylation, détoxication hépatique et élimination intestinale)

Quelle est l’approche naturopathique que je conseille pour ne pas ou ne plus subir ces symptômes?

  1. Soutenir la métabolisation et l’élimination de l’excès d’oestrogènes par le foie et les intestins
  2. Faire la chasse aux xéno-œstrogènes (plastiques, cosmétiques, pesticides)
  3. Soutenir ou rééquilibrer la flore intestinale (ex: le SIBO impacte négativement la DAO et donc l’élimination de l’excès d’histamine)
  4. Soutenir la méthylation par l’apport adéquat de toutes les vitamines du groupe B
  5. Réduire ou éliminer l’alcool et les produits laitiers de vache en cause dans la stimulation des mastocytes
  6. Réduire ou éliminer, juste le temps du rééquilibrage, les aliments qui contiennent de l’histamine (surtout aliments fermentés dont kombucha, kéfir, choucroute, fromages et cacao, bouillons d’os ou de poisson, poissons fumés ou en conserve)

J’espère que cet article vous aura éclairé si vous faites partie des personnes menstruées qui subissent du SPM en phase ovulatoire. Sachez que je me tiens à votre disposition pour tous rdv naturopathiques afin de vous aider à mieux vivre votre cycle menstruel.

Votre naturopathe menstruée et passionnée,

Margot-Hélène Piquenot

Sources:

  • Jonassen F, Granerus G, Wetterqvist H. Histamine metabolism during the menstrual cycle. Acta Obstet Gynecol Scand. 1976;55(4):297-304. doi: 10.3109/00016347609158501. PMID: 973560.
  • Martner-Hewes PM, Hunt IF, Murphy NJ, Swendseid ME, Settlage RH. Vitamin B-6 nutriture and plasma diamine oxidase activity in pregnant Hispanic teenagers. Am J Clin Nutr. 1986 Dec;44(6):907-13. doi: 10.1093/ajcn/44.6.907. PMID: 3098085.
  • Smith CJ, Leggett AM, Lefante JJ. Allergic etiology of benign fibrocystic changes of the breast. Med Hypotheses. 1987 Sep;24(1):21-8. doi: 10.1016/0306-9877(87)90043-0. PMID: 2444863.
Cycle menstruel, Equilibre hormonal

Le SPM c’est quoi et est-ce obligatoire?

Le Syndrome Prémenstruel regroupe un ensemble de symptômes désagréables et parfois mêmes handicapants que certaines personnes subissent quelques jours avant l’arrivée des règles et parfois même juste après l’ovulation pendant toute la phase lutéale. Ces symptômes sont nombreux, allant de ballonnements, migraines, nausées, irritabilité à des tensions au niveau des seins et disparaissent avec l’arrivée des règles. Les SPM est connu et commun malheureusement. Mais le SPM est-il obligatoire quand on a un cycle menstruel au naturel?

Déjà, dans un premier temps, il convient de différencier le SPM du simple molimen cataménial et du lourd TDPM. En effet, si l’on entend parler souvent du SPM, on entend moins souvent parler des deux autres termes que j’ai mentionné pas vrai? Pourtant ces trois termes correspondent à trois intensités différentes de vécu de la phase lutéale/prémenstruelle. Et vous allez voir, les trois ne se valent pas et n’offrent pas du tout la même qualité de vie.

Le molimen cataménial

De quelques jours à une semaine avant les menstruations, nos œstrogènes et notre progestérone commencent à chuter. Avec cette chute en œstrogènes non contrebalancés par la progestérone, nos neurotransmetteurs du peps et du bonheur, la sérotonine et la dopamine, se font rares et ne sont pas remplacés par l’action anxiolytique et sédative de la progestérone. Notre progestérone est aussi diurétique, c’est à dire qu’elle permet d’éviter la rétention d’eau. C’est pourquoi, à ce moment du cycle, il peut survenir plus d’envie de sucre, une humeur plus à fleur de peau, de la rétention d’eau (se sentir gonflé(e)) et plus de fatigue, moins d’énergie. Ces symptômes sont bénins et peuvent facilement être apaisés par une hygiène de vie adaptée ou ne jamais même demander vraiment de recherche de traitement ou de solutions naturelles pour certaines personnes. C’est ce que l’on appelle le molimen cataménial, c’est la version très soft et très vivable du SPM. Ce mot si peu connu devrait être appris dès les premières règles avec toutes les petites astuces faciles et naturelles d’hygiène de vie à mettre en place pour vivre ce moment du cycle en paix.

Le SPM

Quand il s’agit de SPM, c’est une autre affaire. Les symptômes sont plus nombreux, plus intenses, durent plus longtemps et interfèrent avec la vie quotidienne. Il y a par exemple des migraines qui clouent au lit, de l’anxiété qui empêche de dormir sereinement, de l’acné qui flambe, des grosses fringales de sucre ou bien des seins tellement douloureux que l’idée de courir ou qu’on y touche fait déjà mal. Dans ces cas-là, il y a souvent recherche d’un traitement car la vie de tous les jours est trop impactée et cela se comprend! Les traitements médicaux souvent conseillés alors sont les ISRS (Inhibiteur Sélectif de la Recapture de la Sérotonine) et les pilules au Drospirenone (Yaz® et Jasmine®) qui est un progestatif qui évite la rétention d’eau (mais qui augmente le risque d’accident cardio-vasculaire par contre). D’un point de vue naturopathique, ces types de symptômes en phase lutéale/prémenstruelle peuvent être évités en adaptant son alimentation et son hygiène de vie pour équilibrer le ratio entre œstrogènes et progestérone par le soutien du travail du foie et des intestins dans la métabolisation et l’élimination de l’excès d’œstrogènes ainsi qu’une attention toute particulière portée sur l’équilibre de la glycémie et la baisse de l’inflammation chronique de bas grade. Le SPM n’est pas obligatoire et ne devrait pas être considéré comme normal (tout comme les douleurs de règles par ailleurs).

Le TDPM

Le TDPM ou Trouble Dysphorique Prémenstruel est une version beaucoup plus aggravée du SPM. Dans ce cas-là, il y a de l’humeur dépressive pouvant aller jusqu’à des pensées suicidaires, des accès de colère interférant avec la vie de famille et de travail, des douleurs débilitantes et/ou des insomnies parfois. Ce sont alors à chaque cycle des moments très difficiles à vivre que l’on ne souhaite à personne. Les traitements préconisés vont des anxiolytiques, anti-dépresseurs ou ISRS aux contraceptifs oraux et agonistes à la GnRH qui suppriment l’ovulation. Ici, si votre choix est de ne pas supprimer l’ovulation, l’accompagnement naturopathique pourra aider à stabiliser les récepteurs à GABA qui sont primordiaux pour la stabilisation de l’humeur par une hygiène de vie adaptée et l’apport de certains compléments naturels. Sachez cependant que l’accompagnement naturopathique se fait sur la durée et que les changements d’hygiène de vie auront des résultats sur le long terme et non du jour au lendemain contrairement aux traitements qui suppriment l’ovulation.

Somme toute, le cycle menstruel au naturel ne devrait pas être une calamité à vivre et si c’est le cas, c’est le signal qu’il y a un déséquilibre. Sachez que l’hygiène de vie a un énorme impact sur le cycle et que la naturopathie peut vous aider à mieux-vivre vos cycles. J’espère que cet article vous aura appris les différentes nuances de vécu de la phase lutéale/prémenstruelle.

Je me tiens à votre disposition pour tous rendez-vous naturopathiques concernant cette phase. Que la douceur du molimen soit avec vous!

Votre naturopathe menstruée et passionnée,

Margot-Hélène Piquenot

Sources:

  • Yonkers KA, O’Brien PM, Eriksson E. Premenstrual syndrome. Lancet. 2008 Apr 5;371(9619):1200-10. doi: 10.1016/S0140-6736(08)60527-9. PMID: 18395582; PMCID: PMC3118460.
  • Prior JC, Konishi C, Hitchcock CL, Kingwell E, Janssen P, Cheung AP, Fairbrother N, Goshtasebi A. Does Molimina Indicate Ovulation? Prospective Data in a Hormonally Documented Single-Cycle in Spontaneously Menstruating Women. Int J Environ Res Public Health. 2018 May 18;15(5):1016. doi: 10.3390/ijerph15051016. PMID: 29783630; PMCID: PMC5982055.
  • Reid RL, Soares CN. Premenstrual Dysphoric Disorder: Contemporary Diagnosis and Management. J Obstet Gynaecol Can. 2018 Feb;40(2):215-223. doi: 10.1016/j.jogc.2017.05.018. Epub 2017 Nov 11. PMID: 29132964.
  • F. Bianchi-Demicheli. Le trouble dysphorique prémenstruel : diagnostic et stratégie thérapeutique. Rev Med Suisse 2006; volume 2. 31044.
  • Jamel TURKY MD. Les Troubles Psychiques Périmenstruels. Revue de Littérature Multidisciplinaire. Document Code OP.0018. http://arabpsynet.com/Archives/OP/OP.Turky.PMS.htm
Conseil santé, Cycle féminin, Cycle menstruel, Equilibre hormonal, Fertilité, symptothermie

Pourquoi ovuler, c’est bon pour la santé

Ovuler régulièrement de la puberté à la ménopause n’est pas qu’un signe de fertilité, c’est avant tout un signe d’équilibre de santé, d’équilibre hormonal global. L’ovulation régulière prévient même de nombreuses maladies souvent associées aujourd’hui à la ménopause. Si bien que l’Académie Américaine de Pédiatrie et l’Université Américaine d’Obstétrique et de Gynécologie (ACOG) proposent d’inclure l’observation du cycle menstruel dans les signes vitaux pour évaluer l’état de santé général.

Les femmes bénéficient de 35 à 40 années de cycles ovulatoires, pas uniquement pour leur fertilité mais aussi pour prévenir de l’ostéoporose, de l’AVC, d’Alzheimer, des maladies cardiaques et du cancer du sein.

Dr Jerilynn Prior

L’endocrinologue Dr Jerielynn Prior est la première spécialiste de santé à avoir effectué de nombreuses recherches qui ont prouvé qu’une ovulation régulière est gage de santé actuelle et futur. Voici ce que ses études et recherches ont démontré en quelques points clés :

  1. Ovuler est bon pour la santé des os : Si les œstrogènes sont aujourd’hui largement reconnus par la communauté scientifique pour leur rôle dans la santé osseuse, la progestérone naturelle que l’on produit après l’ovulation ne l’est pas encore à sa juste valeur. Or des études ont prouvé non seulement que notre production endogène de progestérone permet la construction et le maintien d’os solides durant nos années fertiles mais aussi prévient la perte de densification osseuse liée à la ménopause. Même un seul cycle anovulatoire fait perdre de la densité osseuse. La progestérone est donc une hormone critique dans la santé osseuse.
  2. Ovuler est bon pour prévenir du cancer du sein : La progestérone produite suite à l’ovulation rend les cellules mammaires plus matures et moins à risques de causer un cancer. C’est aussi pourquoi les grossesses font baisser le risque du cancer du sein. Le corps produit de forts taux de progestérone pendant la grossesse.
  3. Ovuler est bon pour la santé cardiovasculaire : La progestérone produite suite à l’ovulation est anti-inflammatoire, augmente le métabolisme et améliore la fluidité du sang contrairement aux œstrogènes qui en excès favorisent les caillots sanguins. Les progestatifs de synthèse n’ont pas ces effets.

Mais il faut aussi savoir que la progestérone est neuroprotectrice, elle protège par exemple de la maladie d’Alzheimer. Ainsi ovuler régulièrement et produire ainsi de la progestérone chaque cycle est bon pour notre santé cérébrale actuelle et futur.

Outre tous ces effets protecteurs sur notre santé, l’ovulation est signe aussi d’équilibre hormonal. Une étude de 2017 intitulée « Ovulation, signe de santé » a mis en évidence l’absence d’ovulation comme étant le signe de beaucoup de nombreuses pathologies comme le SOPK (Syndrome des ovaires polykystiques), l’hypothyroïdie, les tumeurs de l’hypophyse… Elle conclut que savoir s’il y a ovulation régulière devrait être pris en compte comme un outil puissant par les personnes menstruées et le corps médical pour évaluer l’équilibre de santé.

Somme toute, voici pourquoi ovuler n’est pas qu’un processus naturel dont on devrait ne se soucier uniquement que s’il y a désir de grossesse. Parce qu’ovuler, c’est avant tout bon pour la santé. Et sachez que sauf exception, l’ovulation est supprimée totalement ou inhibée sous contraceptifs hormonaux. Il n’y a que le stérilet au cuivre et la méthode de la Symptothermie Moderne qui n’entravent pas du tout l’ovulation.

Vous aimeriez savoir si vous ovulez régulièrement autrement qu’avec des tests d’ovulation? La Symptothermie est une méthode qui permet de le faire naturellement grâce à la prise de température au réveil. Un seul rdv avec moi en tant que conseillère de la méthode suffit pour vous apprendre tout ce qu’il faut savoir pour observer vos cycles finement et savoir objectivement si vous ovulez (sauf si c’est dans un but contraceptif, auquel cas il faudra plus d’un rdv pour s’assurer de la rigueur d’application de la méthode). Aussi, en tant que naturopathe, je suis aussi à votre disposition pour vous apprendre comment vous pouvez promouvoir naturellement l’ovulation par la mise en place d’une hygiène de vie adaptée à votre profil et vos valeurs.

Votre naturopathe menstruée et passionnée,

Margot-Hélène Piquenot

Sources :

  • Committee Opinion No. 651 Summary: Menstruation in Girls and Adolescents: Using the Menstrual Cycle as a Vital Sign. Obstet Gynecol. 2015 Dec;126(6):1328. doi: 10.1097/AOG.0000000000001210. PMID: 26595581.
  • Dr. Jerilynn C. Prior, Scientific Director, Centre for Menstrual Cycle and Ovulation Research, Preventive Powers of Ovulation and Progesterone, Ovulation and Bone Health, Originally published April 2009, disponible sur http://www.cemcor.ubc.ca.
  • Dr. Jerilynn C. Prior, Scientific Director, Centre for Menstrual Cycle and Ovulation Research, Preventive Powers of Ovulation and Progesterone, Ovulation and Breast Health, Originally published July 2009, disponible sur http://www.cemcor.ubc.ca.
  • Dr. Jerilynn C. Prior, Scientific Director, Centre for Menstrual Cycle and Ovulation Research, Preventive Powers of Ovulation and Progesterone, Ovulation and The Heart, Originally published February 2010, disponible sur http://www.cemcor.ubc.ca.
  • Singh M, Su C. Progesterone and neuroprotection. Horm Behav. 2013;63(2):284-290. doi:10.1016/j.yhbeh.2012.06.003.
  • Vigil P, Lyon C, Flores B, Rioseco H, Serrano F. Ovulation, a sign of health. Linacre Q. 2017 Nov;84(4):343-355. doi: 10.1080/00243639.2017.1394053. Epub 2017 Nov 27. PMID: 29255329; PMCID: PMC5730019.
Cycle féminin, Cycle menstruel, Equilibre hormonal, symptothermie

Les progestatifs de synthèse n’équivalent pas notre progestérone naturelle pour notre santé globale

La confusion est souvent faite entre les progestatifs et la progestérone, comme si c’était la même chose. Les progestatifs sont des molécules de synthèse utilisées dans les contraceptifs hormonaux ou le traitement hormonal substitutif de la ménopause. La progestérone, quant à elle, est l’hormone naturelle que l’on produit de façon conséquente après l’ovulation naturelle et pendant la grossesse. Nous en produisons aussi une petite quantité naturellement au niveau de nos glandes surrénales à tout âge et peu importe notre sexe.

Notre progestérone naturelle a des bénéfices pour notre santé globale qui vont bien au-delà du maintien à terme d’une grossesse. Les progestatifs n’ont pas ces effets. La structure chimique des progestatifs est différente de notre progestérone naturelle. C’est pourquoi leurs interactions avec nos récepteurs hormonaux sont aussi différentes.

Il y a plusieurs types de progestatifs, on leur attribue même des générations en fonction du moment de leur invention et donc de leur ancienneté. Les progestatifs utilisés dans les pilules micro-dosées (sans œstrogène de synthèse) ainsi que ceux des stérilets hormonaux sont issus de l’hormone androgène testostérone. Le lévonorgestrel présent dans la pilule Microval® et le stérilet Mirena® est un des plus anciens progestatifs et c’est aussi celui au potentiel le plus androgénique. Regardons de plus près sa structure chimique comparée à celles de la testostérone et de la progestérone.

Comme vous le voyez, le progestatif lévonorgestrel ressemble davantage à la testostérone qu’à la progestérone. C’est pourquoi ce progestatif a un fort potentiel androgénique et peut causer des effets secondaires comme de l’acné ou une augmentation de la pilosité par exemple.

Pour que les différences fondamentales entre les progestatifs de synthèse utilisés dans le stérilet hormonal ainsi que les pilules micro-dosées et la progestérone naturelle soient plus claires pour vous, je vous ai réalisé un tableau qui répertorie les effets sur notre corps des progestatifs en comparaison avec les effets de la progestérone naturelle autres que ceux sur la glaire cervicale et la muqueuse utérine :

Comme vous pouvez le constater, la progestérone a des effets bénéfiques sur notre santé globale que n’ont pas les progestatifs. C’est pourquoi le maintien et l’équilibre du cycle menstruel naturel avec ovulation pendant nos années fertiles est important pour notre santé. Car cela permet une production bénéfique de progestérone naturelle. Dans le prochain article, je vous parlerai de toutes les raisons qui font qu’ovuler pendant nos années fertiles est bon pour notre santé actuelle et même futur (post-ménopausale).

Si vous désirez apprendre la Symptothermie pour observer à chaque cycle de manière naturelle et rigoureuse si vous ovulez bel et bien, ou encore si vous désirez être accompagné(e) pour rééquilibrer votre cycle menstruel au naturel grâce à la naturopathie, n’hésitez pas à prendre rdv avec moi, je suis formée et parée pour vous aider!

Votre naturopathe menstruée et passionnée,

Margot-Hélène Piquenot

Sources :

  • Mario Barbagallo, Ligia J. Dominguez, Giuseppe Licata, Jie Shan, Li Bing, Edward Karpinski, Peter K. T. Pang, and Lawrence M. Resnick. Vascular Effects of Progesterone, Role of Cellular Calcium Regulation, Originally published1 Jan 2001https://doi.org/10.1161/01.HYP.37.1.142, Hypertension. 2001;37:142–147.
  • Dal’Ava N, Bahamondes L, Bahamondes MV, de Oliveira Santos A, Monteiro I. Body weight and composition in users of levonorgestrel-releasing intrauterine system. Contraception. 2012 Oct;86(4):350-3. doi: 10.1016/j.contraception.2012.01.017. Epub 2012 Mar 23. PMID: 22445431.
  • Napolitano A, Zanin R, Palma F, Romani C, Grandi G, Di Carlo C, Cagnacci A. Body composition and resting metabolic rate of perimenopausal women using continuous progestogen contraception. Eur J Contracept Reprod Health Care. 2016;21(2):168-75. doi: 10.3109/13625187.2015.1079610. Epub 2015 Aug 25. PMID: 26305596.
  • Linn ES. Clinical significance of the androgenicity of progestins in hormonal therapy in women. Clin Ther. 1990 Sep-Oct;12(5):447-55. PMID: 2268868.
  • Lieberman A, Curtis L. In Defense of Progesterone: A Review of the Literature. Alternative Therapies in Health and Medicine. 2017 Nov;23(6):24-32.
  • Asi N, Mohammed K, Haydour Q, et al. Progesterone vs. synthetic progestins and the risk of breast cancer: a systematic review and meta-analysis. Syst Rev. 2016;5(1):121. Published 2016 Jul 26. doi:10.1186/s13643-016-0294-5
  • Dr. Jerilynn C. Prior, Scientific Director, Centre for Menstrual Cycle and Ovulation Research, Preventive Powers of Ovulation and Progesterone, Ovulation and Bone Health, Originally published April 2009, disponible sur http://www.cemcor.ubc.ca.
  • Dr. Jerilynn C. Prior, Scientific Director, Centre for Menstrual Cycle and Ovulation Research, Preventive Powers of Ovulation and Progesterone, Ovulation and Breast Health, Originally published July 2009, disponible sur http://www.cemcor.ubc.ca.
  • Dr. Jerilynn C. Prior, Scientific Director, Centre for Menstrual Cycle and Ovulation Research, Preventive Powers of Ovulation and Progesterone, Ovulation and The Heart, Originally published February 2010, disponible sur http://www.cemcor.ubc.ca.
Cycle féminin, Cycle menstruel, Equilibre hormonal, Fertilité, symptothermie

Les pilules progestatives ou le stérilet au lévonorgestrel, est-ce la panacée?

Dans l’article du blog précédent, je vous expliquais qu’avec les pilules micro-progestatives au lévonorgestrel comme Microval®, il y a 40% de chances que votre corps puisse continuer d’ovuler sans rien retirer à l’efficacité contraceptive. Sachez que pour le stérilet hormonal au lévonorgestrel comme Mirena® , la capacité d’ovuler est encore plus préservée. Une étude a en effet prouvé que si la première année suivant la pose de ce stérilet, l’ovulation est supprimée dans 85% des cycles, elle ne l’est que de 15% dans les cycles des années suivantes.

Pour rappel, l’ovulation est bénéfique pour la santé et ne se réduit pas qu’à son rôle dans la fertilité. L’estradiol et la progestérone que l’on produit de manière équilibrée dans un cycle ovulatoire sont bénéfiques pour la peau, les cheveux, l’équilibre de la glycémie, le métabolisme, la thyroïde…

Mais alors, si ces pilules et ce stérilet peuvent laisser possible l’ovulation, sont-il la panacée pour allier contraception et santé?

Non, car la pilule comme Microval® ou le stérilet Mirena® sont avant tout un concentré de progestatif de synthèse, ici le lévonorgestrel. Et bien que les progestatifs de synthèse aient pour but de reproduire l’effet biologique de la progestérone naturelle endogène, aucun ne reproduit exactement tous les effets biologiques de l’hormone naturelle. De plus, le lévonorgestrel est en fait issu d’androgènes. Il a donc un fort effet androgénique alors que notre progestérone a l’effet inverse, en plus d’être un anti-inflammatoire naturel. La conséquence? Des effets secondaires symptomatiques d’hyperandrogénie chez la femme comme de l’acné, de l’alopécie (perte de cheveux) ou encore de l’hirsutisme. Les autres effets indésirables répertoriés vont de la formation de kystes ovariens à la dépression en passant par l’anxiété accrue. Mais aussi, pour ce qui est du stérilet, des risques d’infections vaginales comme des mycoses à répétition par déséquilibre de la flore vaginale.

Il faut savoir qu’aucun contraceptif n’est jamais sans risques ou effets secondaires. C’est pourquoi je me suis formée à la Symptothermie qui est une méthode naturelle d’auto-observation fine, rigoureuse et objective du cycle menstruel naturel pour définir la période fertile, d’abord par choix personnel puis par envie de transmettre. En tant que naturopathe et conseillère de cette méthode, je suis à votre disposition pour vous apprendre à équilibrer votre cycle au naturel et gérer votre fertilité sans risque d’effets secondaires nocifs pour la santé, si vous le désirez.

Prenez bien soin de vous,

Votre naturopathe menstruée et passionnée,

Margot-Hélène Piquenot

Sources :

  • Kailasam C, Cahill D. Review of the safety, efficacy and patient acceptability of the levonorgestrel-releasing intrauterine system. Patient Prefer Adherence. 2008;2:293-302. Published 2008 Feb 2. doi:10.2147/ppa.s3464
  • Jenna Janiga Lullo, Elizabeth Ethington, Ashish Arshanapalli, Jeave Reserva, Angela Jiang, William Adams, Scott Graziano, Rebecca Tung, Incidence of androgenic dermatologic side effects following placement of a levonorgestrel intrauterine device for menorrhagia: A survey-based study, Journal of the American Academy of Dermatology, Volume 79, Issue 2, 2018, Pages 364-365, ISSN 0190-9622, https://doi.org/10.1016/j.jaad.2017.12.051.
  • Vrettakos C, Bajaj T. Levonorgestrel. [Updated 2020 May 30]. In: StatPearls [Internet]. Treasure Island (FL): StatPearls Publishing; 2020 Jan-. Available from: https://www.ncbi.nlm.nih.gov/books/NBK539737/
  • Skovlund CW, Mørch LS, Kessing LV, Lidegaard Ø. Association of Hormonal Contraception With Depression. JAMA Psychiatry. 2016 Nov 1;73(11):1154-1162. doi: 10.1001/jamapsychiatry.2016.2387. Erratum in: JAMA Psychiatry. 2017 Jul 1;74(7):764. PMID: 27680324.
  • Donders GGG, Bellen G, Ruban K, Van Bulck B. Short- and long-term influence of the levonorgestrel-releasing intrauterine system (Mirena®) on vaginal microbiota and Candida. J Med Microbiol. 2018 Mar;67(3):308-313. doi: 10.1099/jmm.0.000657. Epub 2018 Jan 29. PMID: 29458551.
Cycle féminin, Cycle menstruel, Equilibre hormonal, Fertilité

Est-ce qu’on ovule sous pilule?

L’ovulation est un processus physiologique du cycle menstruel naturel qui correspond au moment où le follicule dominant dans l’ovaire rompt pour expulser l’ovule mature prêt pour une possible fécondation. L’ovulation est un signe de fertilité et de santé durant nos années fertiles. La question à laquelle je vais vous répondre dans cet article est une question qui m’a déjà été posée: Ovule-t-on sous pilule?

Mais est-ce qu’on ovule sous pilule?

Dans la majorité des cas non, mais cela dépend des pilules. De fait, le premier but de la pilule c’est de nous rendre infertiles pour éviter les grossesses non désirées. En ce sens, évidemment que nous empêcher d’ovuler est un moyen de nous empêcher d’être fertiles. Mais selon les pilules, ce n’est simplement pas toujours comme cela qu’elles tendent à nous rendre infertiles. Il y au aujourd’hui deux types de pilules sur le marché: les pilules œstroprogestatives et les pilules progestatives. Laissez-moi vous décrire comment elles fonctionnent pour mieux comprendre tout cela. Vous trouverez aussi comme d’habitude en fin d’article toutes les études ou diverses sources qui appuient mes propos.

  1. Les pilules œstroprogestatives:

Les pilules œstroprogestatives contiennent comme leur nom l’indique un œstrogène et un progestatif de synthèse. On les appelle parfois les pilules combinées. Celles-ci empêchent clairement l’ovulation car elle bloque l’axe gonadotrope naturel par contrôle négatif, c’est-à-dire que leurs hormones de synthèse empêchent notre cerveau de commander à nos ovaires de produire leurs propres hormones. Mais ces pilules ne font pas que ça pour nous rendre infertiles. En fait, elles ont trois actions principales que le corps médical appelle le « triple verrou contraceptif »:

  • Elles bloquent l’ovulation,
  • Elles bloquent la production de fluide fertile en rendant notre glaire cervicale trop épaisse et donc infertile,
  • Et elles bloquent le développement de l’endomètre (muqueuse utérine) le rendant trop fin pour permettre la nidation (début du développement de grossesse).

Il en existe aujourd’hui 4 générations en fonction du type et de la quantité d’hormones de synthèse contenues dedans. Toutes ont la même efficacité contraceptive mais toutes comportent aussi leurs effets secondaires et surtout une augmentation du risque d’AVC (accident vasculaire cérébral ischémique), d’infarctus du myocarde et d’événement tromboembolique veineux (caillot qui obstrue la circulation sanguine) reconnue par la HAS (Haute Autorité de Santé). Les 3ème et 4èmes générations comportent plus de risques que les premières sur ce point.

Voici une liste non exhaustive de marques de pilules œstroprogestatives: Triella® (1ère génération), Minidril®, Adepal®, Trinordiol® (2ème génération), Carlin®, Desobel Ge®, Daily Ge® (3ème génération), Jasmine®, Jasminelle®, Yaz®, Zoely® (4ème génération).

2. LES PILULES PROGESTATIVES:

Ces pilules, quant à elles, contiennent uniquement des progestatifs de synthèse et sont prises en continu. Certaines de ces pilules bloquent l’ovulation et d’autres non. Il existe plusieurs types de progestatifs de synthèse et tous n’ont pas les mêmes effets globaux. Les plus connus sont le désogestrel et le lévonorgestrel.

  • Les pilules contenant du désogestrel suppriment l’ovulation comme les pilules œstroprogestatives. Elles épaississent aussi la glaire cervicale la rendant infertile, c’est-à-dire impénétrable par les spermatozoïdes. Cérazette® et Optimizette® sont des pilules progestatives au désogestrel.
  • Les pilules contenant du lévonorgestrel par contre ne bloquent l’ovulation que dans 60% des cas maximum. Elles ont surtout un effet contraceptif en épaississant la glaire cervicale aussi, et par la prise continue, rendent l’endomètre trop peu développé pour permettre la nidation. Microval® est une pilule progestative au lévonorgestrel.

Ces types de pilules sont-elles la panacée? Non, car en plus d’avoir le potentiel de tous les effets secondaires inhérents à la pilule, elles sont toutes deux androgéniques augmentant le risque d’alopécie (perte de cheveux) et d’acné. En effet les progestatifs de synthèse n’ont rien à voir avec notre progestérone endogène produite grâce à l’ovulation qui elle a un effet anti-androgénique et empêche ainsi la formation d’acné ou l’hyperandrogénie. C’est aussi pour cela que promouvoir l’ovulation par une hygiène de vie adaptée est un moyen naturel de traiter le SOPK (syndrome des ovaires polykystiques).

Alors à la question « Ovule-t-on sous pilule? », je répondrai qu’en somme oui, à l’exception de certaines personnes sous Microval® ou autres pilules progestatives au lévonorgestrel par exemple. La prise de pilule doit rester un choix personnel et non une obligation. Il existe d’autres moyens de gérer sa contraception qui n’implique pas d’effets secondaires ou de blocage de l’ovulation si primordiale pour notre santé globale comme l’apprentissage de la Symptothermie par exemple. Cette méthode permet aussi par son observation fine et factuelle de ses cycles de prendre conscience des fluctuations hormonales qui s’opèrent dans son corps et même de l’impact de notre hygiène de vie de tous les jours sur nos cycles (stress, sommeil, alimentation…).

Envie d’apprendre cette méthode en toute sécurité? N’hésitez pas à prendre rdv, je serai ravie de vous accompagner pour que vous puissiez mieux comprendre et prendre soin de votre corps!

Margot-Hélène Piquenot, votre naturopathe menstruée et passionnée

Sources:

  • https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2012-12/contraceptis_oraux_3_g_fiche_bum.pdf, « , « BON USAGE DU MÉDICAMENT Contraceptifs oraux estroprogestatifs : préférez les «pilules» de 1re ou 2e génération », HAS, 2012, PDF lu en ligne le 14 novembre 2020.
  • Milsom I, Korver T. Ovulation incidence with oral contraceptives: a literature review. J Fam Plann Reprod Health Care. 2008 Oct;34(4):237-46. doi: 10.1783/147118908786000451. PMID: 18854069.
  • Graves, Katelyn Y. PhD; Smith, Benjamin J. PA-C, DFAAPA; Nuccio, Brigitta C. MPAS, PA-C Alopecia due to high androgen index contraceptives, Journal of the American Academy of Physician Assistants: August 2018 – Volume 31 – Issue 8 – p 20-24 doi: 10.1097/01.JAA.0000541476.24116.c4
  • Bosanac SS, Trivedi M, Clark AK, Sivamani RK, Larsen LN. Progestins and acne vulgaris: a review. Dermatol Online J. 2018 May 15;24(5):13030/qt6wm945xf. PMID: 30142728.
Cycle féminin, Cycle menstruel, Equilibre hormonal, Fertilité

Mittelschmerz ou quand l’ovulation fait mal

L’ovulation est un phénomène physiologique extraordinaire sous-estimé. Chaque mois, le corps d’une personne menstruée a cette capacité incroyable de mûrir la cellule la plus grosse de tous corps humains confondus en l’espace de 2 à 3 semaines! Oui l’ovocyte (ovule non fécondé) est la seule cellule visible à l’oeil nu et sa pleine maturation est possible à une rapidité épatante. Ce n’est pas rien, c’est une prouesse qui demande beaucoup d’énergie au corps et participe non seulement à notre fertilité mais aussi à notre santé.

Mais l’ovulation est-elle censée faire mal?

Environ 40% des femmes qui ovulent avouent ressentir une douleur au moment où elles pensent ovuler à chaque cycle ou seulement quelques fois. Pour certaines c’est fugace et pour d’autres cela peut durer plusieurs jours même. Cette douleur en terme médical, on l’appelle le Mittelschmerz. C’est un mot emprunté à la langue allemande qui peut être traduit par « douleur à mi-cycle ».

La douleur peut être décrite comme tolérable ou trop intense et prend source dans une des fausses iliaques (gauche ou droite) où se situent les ovaires. Il est important de consulter un(e) médecin en cas de forte douleur pour écarter tout diagnostique différentiel (appendicite, kyste, endométriose, infection urinaire…). Autrement, si toute pathologie est écartée, le Mittelschmerz ou douleur d’ovulation n’inquiète pas le corps médical.

D’un point de vue naturopathique cependant, le Mittelschmerz est un indice de déséquilibre. En effet, toute douleur est considérée comme un signal envoyé par le corps car physiologiquement, l’ovulation n’est pas censée faire mal, tout comme les règles par ailleurs. Ces douleurs sont communes certes, mais ne sont pas une fatalité pour autant. Car oui, il est possible d’adapter son hygiène de vie pour vivre des ovulations et des règles au naturel plus douces et même sans douleurs.

Qu’est-ce qui provoque le Mittelschmerz alors si ce n’est pas normal?

Depuis les années 80, les études tentent de trouver la cause de ces douleurs, incriminant la distorsion ou la rupture du follicule ou l’irritation de la cavité pelvienne par le fluide folliculaire et parlant quelque fois de prostaglandines. En 2020, la cause du Mittelschmerz est corrélée de manière beaucoup plus claire aux prostaglandines (comme les douleurs de règles des dysménorrhées primaires d’ailleurs).

Les prosta-machin quoi? Les prostaglandines sont des pseudo-hormones, elles sont dérivées d’acides gras et sont impliquées dans tous les processus inflammatoires dont l’ovulation et les menstruations font partie. Car oui la rupture du follicule qui contient l’ovocyte (ovulation) ou la desquamation de l’endomètre (menstruation) sont des événements inflammatoires tout à fait physiologiques. Pour rappel, l’inflammation à la base est un mécanisme vital de survie pour réparer les tissus lésés.

Il y a plusieurs prostaglandines qui entrent en jeu dans l’ovulation et les menstruations. Les principales sont la PGE2 et la PGF2alpha. Quand l’ovulation ou les règles font mal, c’est que la quantité et les ratios sont en déséquilibre. Des études ont prouvés qu’un taux trop important de ces prostaglandines est en cause dans le Mittelschmerz et les dysménorrhées primaires car elles provoquent trop de contractions. D’ailleurs, sachez que les médicaments qui déclenchent l’avortement ou la grossesse à terme contiennent tous deux ces prostaglandines.

Comment éviter que ces prostaglandines soient trop présentes et causent des douleurs?

Trouver ce qui peut causer de l’inflammation chronique de bas grade dans son hygiène de vie actuelle et y remédier, consommer moins d’oméga-6, plus d’oméga-3 et beaucoup de végétaux aux propriétés anti-inflammatoires. Le ratio entre omega-6 et oméga-3 est en effet aussi important pour le cycle. Les PGE2 et PGF2alpha sont issues des oméga-6 et sont très inflammatoires et favorisent la coagulation du sang. Alors que les oméga-3 donnent naissance à un autre type de prostaglandines peu inflammatoires qui favorisent la fluidification du sang, ce sont les PG3.

Des questions? Une envie d’être accompagné(e) pour mettre en place une hygiène de vie adaptée à vous selon votre profil et vos valeurs afin de vivre des ovulations et/ou des règles sans douleurs? N’hésitez pas, commentez ou prenez rdv sur le calendrier du site à l’onglet « rdv en ligne ». Les rdv sont possibles en ligne comme au cabinet.

Votre naturopathe menstruée et passionnée,

Margot-Hélène Piquenot,

Sources:

  • Clark, K, Myatt, L, Glob. libr. women’s med. (ISSN: 1756-2228) 2008; DOI 10.3843/GLOWM.10314
  • Brott NR, Le JK. Mittelschmerz. [Updated 2020 Jul 10]. In: StatPearls [Internet]. Treasure Island (FL): StatPearls Publishing; 2020 Jan-. Available from: https://www.ncbi.nlm.nih.gov/books/NBK549822/
Cycle féminin, Cycle menstruel

E-book en cadeau!

Ce n’est pas encore Noël et pourtant je vous fais un cadeau! J’ai regroupé tous mes visuels sur les grandes lignes de l’alimentation du cycle menstruel selon les phases (que je vous ai partagés au fil du temps sur les réseaux sociaux) et je vous en ai fait un e-book que je vous offre gratuitement. Vous pouvez y avoir accès en cliquant sur l’image ci-dessous.

Clique sur l’image pour avoir ton cadeau!

N’hésitez pas à me partager votre retour en commentaire, je suis toujours heureuse de vous lire! Soucieuse d’inclure tout le monde sans exception, j’ai toujours essayé de penser aux omni’ comme aux vegés et végan(e)s. Par contre je n’ai pas pu prendre en compte les éventuelles intolérances, allergies, pathologies et cas particuliers car il s’agit ici de conseil global appliqué au cycle menstruel.

Sachez cependant que je suis toute dispo pour vous accompagner selon vos spécificités individuelles (que vous ayez reçu un diagnostic d’endométriose, de syndrome des ovaires polykystiques ou que vous souffriez de douleurs de règles, SPM, problèmes digestifs, anxiété…) en rdv en ligne comme au cabinet pour que vous puissiez vivre ce qui vous revient de droit : des cycles menstruels en douceur au naturel!

Bien à vous,

Votre naturopathe menstruée passionnée, Margot-Hélène Piquenot

Cycle féminin, Cycle menstruel, Equilibre hormonal, Fertilité, Gestion des émotions

Le stress impacte-t-il le cycle menstruel et la fertilité?

Il est important de comprendre l’ampleur de l’impact du stress sur sa santé pour enfin en prendre la mesure dans son quotidien et apprendre à prendre réellement soin de soi. Au delà de l’alimentation et de l’activité physique, la santé mentale reste le pilier angulaire de l’équilibre hormonal. Pourquoi? Parce que vous pourrez toujours tenter de tout contrôler dans votre assiette et de vous pousser à bout dans vos baskets ou vos performances, si vous êtes constamment sous stress, rien ne pourra fondamentalement s’équilibrer en vous.

D’un point de physiologique, vos hormones en charge de l’équilibre de votre cycle menstruel et de votre fertilité prennent source dans votre cerveau. Et plus particulièrement dans une glande précise appelée hypothalamus. Si l’hypothalamus s’occupe bel et bien de créer l’impulsion hormonale du cycle menstruel et de la fertilité, il ne s’occupe pas que de cela. L’hypothalamus est en fait un pont entre le système nerveux et le système endocrinien. Il se charge aussi de créer l’impulsion pour la cascade hormonale du stress aigu ou chronique. En cas de stress chronique, c’est-à-dire de moments de stress variés qui se répètent ou d’un stress aigu qui n’en finit plus, l’hypothalamus ne va pas privilégier l’équilibre du cycle menstruel et la fertilité, il attendra de vous sentir de nouveau en sécurité pour cela.

Le stress reste un mécanisme vital de survie qui n’est pas fait pour être activé de manière chronique. C’est pourquoi le stress non stop peut devenir un danger pour la santé globale.

Pour illustrer ce constat, parlons du cortisol, l’hormone sécrétée en période de stress. Un stress aigu engendre une cascade hormonale de catécholamines puis de cortisol. Rien que cela peut augmenter temporairement le taux de prolactine et retarder l’ovulation et par là-même rallonger le cycle. Aussi, en cas de stress aigu, le cortisol a des vertus anti-inflammatoires salutaires. Mais en cas de stress chronique, une résistance au cortisol peut s’installer et avoir pour conséquence un état inflammatoire chronique de bas grade qui fait le lit du SOPK (syndrome des ovaires polykystiques) et que l’on retrouve dans l’endométriose. De même, sécrété de manière chronique, le cortisol par son effet hyperglycémiant peut engendrer une insulinorésistance à l’origine là aussi du SOPK (en favorisant l’hyperandogénie) et d’autres problèmes de fertilité comme une absence chronique d’ovulation ou une aménorrhée.

Mais ce n’est pas tout, le stress chronique impacte aussi la thyroïde et peut avoir pour conséquences des symptômes d’hypothyroïdie sans même que les résultats sanguins soient alarmants. Dans ce cas, on parle d’une hypothyroïdie fruste ou sub-clinique. L’hypothyroïdie peut avoir comme symptômes des règles douloureuses et abondantes et de l’infertilité.

De plus, le stress chronique dérègle l’équilibre du microbiote intestinal, siège de la majeure partie de notre immunité. Rappelons que l’endométriose est corrélée aujourd’hui dans la littérature scientifique à un déséquilibre de la flore intestinale*.

Enfin, même dans le cas où vous ovuleriez, le stress impacte la production de progestérone. Une production de progestérone non optimale au niveau ovarien est en cause dans le SPM (syndrome prémenstruel) et les fausses-couches durant les trois premier mois.

Vous vous demandez ce qui peut causer un stress chronique? Voici quelques exemples : un sommeil de mauvaise qualité, une addiction au café pour tenir, une alimentation trop industrielle ou trop riche en sucre, le sport intensif, le jeûne ou trop peu manger, une maladie chronique, la pression professionnelle, un événement traumatique, une ou des relations avec problèmes, des émotions ou une hypersensibilité niées…

Pour conclure, oui le stress impacte le cycle menstruel et la fertilité, mais vous avez la possibilité de mettre en place dans votre quotidien de quoi prendre soin de vous pour éviter de subir les conséquences d’un stress chronique. Au cabinet ou sur Skype, je suis là pour vous y aider par la naturopathie si vous le souhaitez. N’hésitez pas à prendre rdv sur le calendrier du site.

Prenez bien soin de vous,

Margot-Hélène Piquenot Naturopathie

c

c

*M. Leonardi, C. Hicks, F. El‐Assaad, E. El‐Omar, G. Condous, Endometriosis and the microbiome: a systematic review, Volume127, Issue2, Themed Issue: The Microbiome and Women’s Health, January 2020, Pages 239-249

Cycle féminin, Cycle menstruel, symptothermie

La pilule et le cancer du sein

C’est le mois d’octobre, la prévention contre le cancer du sein bat son plein. Quand on sait que c’est le cancer le plus fréquent et qu’il représente la première cause de décès chez les femmes, on ne peut qu’être en faveur de toute action de prévention en vue de maximiser les chances d’éviter à n’importe quelle personne de vivre cette maladie et d’en mourir. Mais la prévention ne se réduit pas au dépistage. La prévention primaire pour rappel, c’est avant tout diminuer les causes et les facteurs de risques dans l’hygiène de vie.

Saviez-vous que la pilule contraceptive est un facteur de risque du cancer du sein?

Si le cancer du sein est une maladie multi-factorielle, il me semblait important de vous rappeler aujourd’hui que la pilule contraceptive fait partie des facteurs de risque. Pourquoi? Parce que ce facteur de risque est bien souvent minimisé si ce n’est tu alors que de nombreuses études ont bel et bien prouvé son existence. Les arguments pour minimiser le facteur cancérogène des pilules contraceptives se basent sur le fait que le risque, même s’il existe, est jugé minime par rapport aux bénéfices de contrôle des naissances et de baisse du risque de développer un cancer des ovaires et de l’utérus. Sachez que la pilule est aussi un facteur de risque des maladies cardio-vasculaires et du cancer du foie et du col de l’utérus sinon. C’est à se demander si l’on doit choisir entre le cancer du sein ou d’autres maladies mortelles pas vrai?

Il me semblait important de rappeler que l’augmentation de l’incidence du cancer du sein coïncide avec l’avènement de la prise généralisée de la pilule contraceptive. De même, l’incidence du cancer du sein est six fois plus importante que celles du cancer des ovaires et de l’utérus confondus. C’est le cancer le plus fréquent, ne devrait-on pas dès lors s’attarder sur tous ses facteurs de risques? Depuis les années 80, des études ne cessent de démontrer les effets cancérigènes de la pilule contraceptive. Pourquoi ne sont-elles alors pas mises en lumière?

De nombreuses études scientifiques ont démontré le lien entre pilule et cancer du sein.

Laissez-moi vous faire un petit résumé de ce que ces études en questions ont prouvé au fil des années (vous trouverez les sources en fin d’article):

  • Les jeunes femmes qui utilisent la pilule avant de tomber enceinte ont un risque élevé de développer un cancer du sein. D’autant plus si la prise dure plus de quatre ans avant la première ou l’unique grossesse.
  • L’association entre cancer du sein et pilule contraceptive augmentent avec le nombre d’années de prise de pilule. Le risque est de plus en plus élevé avec les années de prise qui s’accumulent.
  • Les femmes qui ont pris la pilule et qui en plus prennent un traitement hormonal substitutif à la ménopause sont plus à risque de développer un cancer du sein.
  • Les pilules combinées comme les pilules à progestatifs sont des facteurs de risques, même s’il y a aujourd’hui plus d’études qui incriminent les pilules combinées.
  • Le Centre International de Recherches sur le Cancer (CIRC) a classé les pilules combinées (œstroprogestatives) comme des cancérigènes de classe 1.
source: extrait tableau de classification du CIRC par localisations cancéreuses du site http://www.cancer-environnement.fr

Si les risques cancérogènes du traitement hormonal substitutif de la ménopause sont aujourd’hui plus communiqués et admis, les risques cancérogènes des pilules contraceptives ne le sont pas vraiment. Pourtant les tissus mammaires en plein développement des jeunes filles après leur ménarche (premières règles) sont très sensibles aux effets des cancérogènes. Si la ou les grossesses sont reconnus comme protection contre le cancer du sein c’est aussi parce que durant la grossesse, les cellules mammaires continuent de se développer grâce à la production endogène de progestérone. La prise de pilule a certes des avantages, mais elle n’est pas sans risques et il me semblait important de le rappeler en ce mois d’octobre rose.

Il y a d’autres solutions que la pilule contraceptive ou les hormones de synthèse pour éviter les grossesses non désirées. Les jeunes filles peuvent apprendre comment fonctionne leur cycle et ne sont pas obligées de risquer le cancer du sein. La symptothermie c’est fait pour ça par exemple. De même, en naturopathie, l’éducation de santé est au coeur de la prévention primaire, il est possible d’apprendre comment prendre soin de soi au quotidien selon ses valeurs et ses possibilités. Que ce soit pour la santé et l’éducation de vos filles ou pour apprendre comment gérer votre fertilité sans hormones de synthèse et sans peur constante de tomber enceinte, n’hésitez pas à prendre rdv, je serais honorée de pouvoir vous accompagner.

Margot-Hélène Piquenot,

c

c

c

c

Sources:

  • V. Cogliano et al., “Carcinogenic- ity of Combined Oestrogen-Progestagen Contraceptives and Menopausal Treat- ment,” IARC Monograph Working Group, Lancet Oncology 6 (2005): 552–554
  • “Risk of Idioipathic Cardiovascular Death and Nonfatal Venous Throm- boembolism in Women Using Oral Contraceptives with Differing Progestagen Components,” Lancet 346 (1995): 1589–1593
  • E. White et al., “Breast Cancer Among Young U.S. Women in Relation to Oral Contraceptive Use,” Journal of the National Cancer Institute 86 (1994): 505–514
  • “A Case- Control Study of Oral Contraceptive Use and Incident Breast Cancer,” American Journal of Epidemiology 169 (2009): 473–479; C. Sweeney et al.
  • “Risk Factors for Breast Cancer Among Young Women in Southern Iran,” International Journal of Cancer 129 (2011)
  • L. Rushton and D.R. Jones, “Oral Contra- ceptive Use and Breast Cancer Risk: A Meta-analysis of Variations with Age at Diagnosis, Parity and Total Duration of Oral Contraceptive Use,” British Journal of Obstetrics and Gynecology 99 (1992): 239–246
  • “Oral Contraceptives and Breast Cancer. Review and Meta-analysis,” Cancer 66 (1990): 2253–2263; E. Lund et al., “Hormone Replacement Therapy and Breast Cancer in Former Users of Oral Contraceptives: The Norwegian Women and Cancer Study,” International Journal of Cancer 121 (2007)
  • “The IARC Commitment to Cancer Prevention: The Example of Papillomavirus and Cervical Cancer,” Recent Results Cancer Research 166 (2005): 277–297
  • Cogliano et al., “Carcinogenicity of Combined Oestrogen-Progestagen Con- traceptives and Menopausal Treatment”
  • R. Sitruk-Ware, “Side Effects of Third Generation Progestins,” Contraception, Fertilité, Sexualité 21 (1993): 295–300
  • M. Forouzarfar et al., “Breast and Cervical Cancer in 187 Countries between 1980 and 2010,” Lancet 378 (2011): 1461–1484
  • P.A. Wingo et al., “Age-Specific Differences in the Relationship between Oral Contraceptive Use and Breast Cancer,” Cancer 71 (1993): 1506–1517
  • C. Kahlenborn et al., “Oral Contraceptive Use as a Risk Factor for Pre- menopausal Breast Cancer: A Meta-analysis,” Mayo Clinic Proceedings 81 (2006): 1290–1302
  • D.J. Hunter et al., “Oral Contraceptive Use and Breast Cancer: A Prospective Study of Young Women,” Cancer Epidemiology, Prevention and Biomarkers 19 (2010): 2496–2502
  • Mugi Wahidin,  Ratna Djuwita, and  Asri Adisasmita, Oral Contraceptive and Breast Cancer Risks: a Case Control Study in Six Referral Hospitals in Indonesia, Asian Pac J Cancer Prev. (2018); 19(8): 2199–2203
  • Rebecca Peck & Charles Norris (2012) Significant Risks of Oral Contraceptives (OCPs): Why This Drug Class Should Not Be Included in a Preventive Care Mandate, The Linacre Quarterly, 79:1, 41-56