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Y a-t-il d’autres méthodes d’observation du cycle que la Symptothermie?

Dans l’article précédent, je vous ai décrit la méthode d’observation du cycle (MOC) que je pratique personnellement. Celle pour laquelle je suis formée en tant que conseillère : la Symptothermie Moderne. Mais sachez qu’il existe d’autres MOC et même différentes écoles de Symptothermie, toutes efficaces et back-upées par la science. Ainsi, selon votre profil, vos ressources et votre quotidien vous avez le choix entre plusieurs MOC.

C’est quoi une MOC?

Une MOC c’est une Méthode d’Observation du Cycle, c’est l’analyse quotidienne d’un ou des bio-marqueurs de la fertilité. Cela permet de cerner la période fertile du cycle en cours. Ce n’est pas du tout des statistiques comme les méthodes de calendrier (Ogino) ou certaines applications portable. Une MOC demande un apprentissage pour être à même de bien observer et reconnaitre ses bio-marqueurs de fertilité. Une MOC permet d’observer et de gérer sa fertilité à chaque cycle. Elle peut être utilisée en mode contraception mais aussi en mode conception ou mode observation monitoring santé.

Quelles sont les différentes MOC qui s’offrent à nous?

Les différentes méthodes symptothermiques :

Le terme symptothermie regroupe en fait plusieurs méthodes affiliées à différents organismes ou écoles. Elles ont toutes cependant un trait commun. De fait, elles se basent toutes sur l’observation de la glaire cervicale et de la température basale. Parfois l’observation de la position du col de l’utérus peut être envisagée aussi. Toutes les méthodes symptothermiques doivent leur existence aux travaux et recherches du Dr Joseph Rötzer, dans les années 60. Son étude de 1968 est la référence scientifique pionnière de toutes les méthodes symptothermiques.

Aujourd’hui il existe plusieurs écoles de symptothermie. Elles ont toutes un cyclogramme (graphique qui permet de noter ses observations) différents. Voici les principales écoles symptothermiques actives à ma connaissance en France à l’heure actuelle :

  • Méthode Rötzer : Affiliée à l’institut INER que le Dr Rötzer a lui-même a fondé en Autriche en 1986. Cette méthode est encore peu connue en France mais il existe des monitrices françaises disponibles.
  • Méthode Sensiplan : Parfois appelée méthode du PNF (planning familial naturel). On doit cette méthode à un groupe de chercheurs universitaires allemands. C’est d’ailleurs cette méthode symptothermique qui a fait l’objet de l’étude de référence actuelle pour prouver l’efficacité de la symptothermie (réf de l’étude en source).
  • Méthode Cyclamen du CLER : (Centre de Liaison des Équipes de Recherche sur l’amour et la famille). Affiliée à l’association chrétienne Loi 1901 « CLER Amour et Famille ».
  • Méthode de la Symptothermie Moderne : Affiliée à la Fondation SymptoTherm créée en 1999 par Christine Bourgeois, co-fondatrice de la fondation avec Harri Wettstein et traductrice de la version française du manuel de Joseph Rötzer, “L’art de gérer sa fertilité”.

Les méthodes d’observation de la glaire cervicale seule (fluide fertile) :

Ces méthodes se concentrent sur les sensations à la vulve et l’observation fine de la glaire cervicale. Les observations sont notées dans un tableau au jour le jour. Avec ces méthodes, il n’y a pas besoin de prendre sa température au réveil.

  • Méthode FertilityCare™ : Egalement appelée Modèle Creighton, développée à l’Université Creighton aux Etats-Unis en 1976 par un gynécologue obstétricien américain, le Dr Thomas Hilgers.
  • Méthode Billings : Développée par les Docteurs australiens Evelyn et John Billings avec le concours du professeur suédois Erik Odeblad (dont les études sur la glaire cervicale sont fondamentaux même pour la symptothermie) dans les années 60. En France il existe deux organismes qui proposent l’apprentissage de la méthode Billings dont l’un de la marque déposée : le Centre Billings France qui focalise son enseignement sur les couples et l’association Méthode Billings™ WOOMB qui enseigne autant aux personnes menstruées célibataires qu’aux couples la Méthode de l’Ovulation Billings.

Les méthodes Sympto-hormonales :

La méthode sympto-hormonale se base en particulier sur des tests urinaires au réveil. Cela permet d’observer les taux des hormones LH et œstradiol. Il y aussi l’observation de la glaire cervicale et parfois celle de la température basale. Il faut donc pour pratiquer cette méthode investir dans un moniteur électronique de fertilité type Clearblue.

  • Méthode Marquette, développée par l’Université Marquette aux Etats-Unis en 1999.
  • Boston Cross Check
  • FEMM

Conclusion

Voyez, il y a bel et bien d’autres méthodes que la Symptothermie et même plusieurs écoles symptothermiques! Cet éventail de choix permet à chaque personne de pouvoir trouver ce qui lui correspond le mieux. Elles permettent de ne plus prendre la pilule, d’enlever son stérilet. Elles ont l’avantage d’être sans effets secondaires et de permettre de mieux connaitre son corps. Parce que la meilleure contraception en fait, c’est avant tout celle que l’on choisit! Ces méthodes permettent aussi moins de passivité quand il est question de suivi de santé. Car une personne qui observe ses bio-marqueurs de fertilité peut voir très vite s’ils sont perturbés. Elle peut apporter ses cyclogrammes ou tableaux en consultation pour en discuter avec les professionnels de santé et naturopathes. Enfin, ces méthodes en cernant la phase fertile de chaque cycle peuvent aussi être utiliser pour faciliter un projet de conception. Parce que savoir quand on est fertile peut autant être utile pour empêcher comme pour favoriser une grossesse.

Envie d’apprendre la Symptothermie Moderne?

Formée et certifiée conseillère, je serai ravie de vous accompagner! N’hésitez pas à prendre rdv sur la page « Rdv en ligne« . Les rdv sont disponibles en ligne comme au cabinet.

Votre naturopathe menstruée et passionnée,

Margot-Hélène Piquenot

Sources:

  • Rötzer, J. Erweiterte Basaltemperaturmessung und Empfängnisregelung. Arch. Gynak. 206, 195–214 (1968). https://doi.org/10.1007/BF00666923
  • Frank-Herrmann P, Heil J, Gnoth C, Toledo E, Baur S, Pyper C, Jenetzky E, Strowitzki T, Freundl G. The effectiveness of a fertility awareness based method to avoid pregnancy in relation to a couple’s sexual behaviour during the fertile time: a prospective longitudinal study. Hum Reprod. 2007 May;22(5):1310-9. doi: 10.1093/humrep/dem003. Epub 2007 Feb 20. PMID: 17314078.
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La Symptothermie c’est quoi?

Il y a encore beaucoup de confusion. Les méthodes de calendrier (ex: Ogino) diffèrent des méthodes d’auto-observation du cycle (ex: Symptothermie Moderne). Ce n’est pas du tout la même chose. En effet les méthode de calendrier se contentent de faire des prédictions. Alors que la Symptothermie Moderne ne prédit rien. Elle et se base sur des observations précises des bio-marqueurs de la fertilité au jour le jour à chaque cycle. Malheureusement, ces méthodes sont souvent confondues et mises dans la même catégorie de « méthodes naturelles » à tort.

En fait, la Symptothermie c’est avant tout une rencontre avec son corps et sa fertilité personnelle. Cette méthode ne peut pas être pratiquée en faisant des généralités. Il faut observer ce qu’il se passe dans son corps pendant le cycle du moment. La Symptothermie Moderne c’est avant tout de l’éducation. C’est-à-dire que c’est prendre connaissance de sa fertilité loin des préjugés. En effet l’ovulation n’est pas obligatoire en milieu de cycle. De même, l’ovulation ne peut pas être le résultat d’un orgasme par exemple. Et enfin, la femme n’est absolument pas fertile H24. De nombreuses personnes se demandent pourquoi cette éducation sur la fertilité n’est pas faite à l’école.

Comment ça marche?

La Symptothermie Moderne, comme son nom l’indique, est :

  • l’observation de la température basale au réveil (-thermie)
  • l’observation des autres signes de fertilité (sympto) : glaire cervicale et position du col de l’utérus

En règle générale, les observations de la température basale et du fluide cervical suffisent pour pratiquer la méthode correctement. Ces observations permettent de cerner notre période fertile du cycle en cours par double contrôle. Cela nécessite apprentissage. En effet, interpréter ces observations s’apprend.

Qu’indique la température?

La prise de température au réveil permet de dresser une courbe de température basale corporelle. Ainsi il est possible d’observer si la température basale se maintient ou s’élève. Ce changement de plateau de température indique qu’il y a eu ovulation. En effet, la progestérone que l’on produit grâce à l’ovulation augmente notre métabolisme basal et, de fait, notre température basale. Ainsi la température n’indique pas qu’on va ovuler mais bel et bien qu’on a ovulé. Attention, la Symptothermie ne nous considère pas infertile dès que notre température s’élève.

Qu’indique la glaire cervicale ou fluide fertile?

Le fluide fertile est, comme son nom l’indique, un élément important de notre fertilité. Il est produit par les cryptes de notre col de l’utérus sous l’influence de la montée d’œstrogènes. Il peut avoir plusieurs aspects, du blanc crémeux au translucide très fluide qui rappelle le blanc d’œuf cru. N’hésitez pas à lire mon article du blog dédié au fluide cervical pour en savoir plus. Le fluide fertile indique que l’on est fertile. Sans fluide fertile, notre vagin est trop acide pour que des spermatozoïdes puissent y survivre. Attention cependant, apprendre à reconnaître ses fluides fertiles est souvent la partie la plus ardue de l’apprentissage de la Symptothermie. N’hésitez pas à vous faire accompagner pour apprendre à bien les identifier et ne pas confondre avec autre chose. Vous pouvez en voir quelques photos sur la galerie d’une conseillère anglophone ici.

Qu’indique la position du col de l’utérus?

Notre col de l’utérus, c’est ce qui sépare notre vagin de notre utérus. Il s’ouvre et se ferme à différents moments de notre cycle menstruel naturel. En période fertile il est ouvert, haut et mou. Alors qu’en période infertile il est fermé grâce à un bouchon muqueux. Il est souvent plus bas et facile à palper en plus d’être plus ferme au toucher. Vous pouvez apprendre à l’auto-palper grâce un accompagnement ou en autodidacte exploratrice (-eur) en position accroupie. Et si vous vous demandez à quoi ressemble un col de l’utérus, n’hésitez pas à visiter le site https://www.beautifulcervix.com.

Cette méthode est-elle vraiment efficace en contraception?

L’indice de PEARL

L’efficacité d’une méthode contraceptive est mesurée par l’indice de Pearl. Il donne le nombre de grossesses pour 100 personnes sur un an avec utilisation de la méthode. L’indice de Pearl est un outil statistique calculé grâce à des études scientifiques, il indique surtout l’efficacité théorique. Plus l’indice de Pearl est proche de zéro, plus la méthode est efficace. Pour l’efficacité pratique, il faut étudier un large échantillon de personnes utilisant la méthode au quotidien. C’est-à-dire qu’il faut prendre en compte les aléas de la vie et les oublis possibles. A ce jour, il n’existe qu’une étude scientifique recevable de 2007 qui ait mesuré l’efficacité contraceptive théorique de la Symptothermie. Cette étude porte plus exactement sur la méthode symptothermique Sensiplan et non sur la méthode de la Symptothermie Moderne exactement. Ces deux méthodes diffèrent sur quelques points mais sont toutes deux des méthodes symptothermiques à double contrôle. Il n’existe par contre pas encore d’étude sur un large échantillon de personnes utilisant cette méthode pour le moment.

L’étude scientifique sur l’efficacité de la Symptothermie

L’étude scientifique de 2007 a démontré que l’indice de Pearl de la Symptothermie est de :

  • 0,6 quand il y a eu des rapports protégés pendant la période fertile
  • 0,4 quand il y a eu abstinence pendant la période fertile

Cette étude a suivi 900 femmes sur 20 ans. Ce qui a équivalu à 17 638 cycles menstruels de suivis au total. Les femmes étaient accompagnées pour pratiquer la méthode correctement. Si l’on déduisait l’indice d’efficacité pratique de la Symptothermie de cette étude, il serait de 1,2. Il faudrait un plus large échantillon de personnes en situation de vie de tous les jours pour avoir un indice d’efficacité pratique vraiment convaincant.

En comparaison avec l’efficacité de la pilule

A titre de comparaison, les pilules ont un indice de Pearl (efficacité théorique) de :

  • 0,3 théorique
  • 8 d’efficacité pratique

Vous voyez qu’au niveau de l’indice de Pearl, il n’y a pas grande différence. Je rappelle tout de même que dans l’étude les femmes étaient accompagnées. C’est-à-dire qu’elles n’apprenaient pas la Symptothermie en autodidacte. C’est pourquoi se faire accompagner pour apprendre la méthode est un gage d’efficacité et de sécurité.

Cette méthode peut-elle être utilisée autrement qu’en contraception?

Bien sûr, étant donné que la Symptothermie Moderne permet de savoir quand et si on est fertile, cette méthode peut aussi être utilisée en mode d’accompagnement à la conception ou en mode observation santé.

Mode d’accompagnement à la conception

En effet, savoir exactement quand nous sommes fertiles à chaque cycle permet de savoir quand les rapports intimes peuvent être plus favorables dans le but de concevoir.

Mode observation santé

De même, savoir s’il y a bel et bien ovulation à chaque cycle permet de témoigner d’un équilibre hormonal important pour la santé globale. Enfin, apprendre à observer ses cycles permet aussi de repérer s’il y a des symptômes récurrents à chaque cycle et d’en parler à ses accompagnant(e)s de santé.

Voilà, j’espère que cet article a pu vous éclairer sur ce qu’est la Symptothermie Moderne. Je me tiens à votre disposition pour tout rdv en ligne comme au cabinet. Au plaisir de vous accompagner vers plus de mieux-être et de connaissance de votre corps.

Votre naturopathe menstruée et passionnée,

Margot-Hélène Piquenot

Source:

  • P. Frank-Herrmann, J. Heil, C. Gnoth, E. Toledo, S. Baur, C. Pyper, E. Jenetzky, T. Strowitzki, G. Freundl, The effectiveness of a fertility awareness based method to avoid pregnancy in relation to a couple’s sexual behaviour during the fertile time: a prospective longitudinal study, Human Reproduction, Volume 22, Issue 5, May 2007, Pages 1310–1319, https://doi.org/10.1093/humrep/dem003