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Cycle féminin, Cycle menstruel, Equilibre hormonal, Fertilité

L’endométriose et la naturopathie

L’endométriose est une pathologie inflammatoire liée au cycle menstruel à l’origine controversée qui touche 1 personne sur 10. Ce chiffre concerne les endométrioses diagnostiquées, ce qui fait que l’on peut supposer qu’il y en a davantage. En effet, recevoir un diagnostic peut mettre de nombreuses années malheureusement (jusqu’à 7 ou 10 ans).

C’est quoi l’endométriose ?

C’est une maladie qui se définit par le développement de tissu semblable à l’endomètre en dehors de l’utérus. Ce tissu peut se développer et s’implanter à divers endroits de la cavité pelvienne selon le type d’endométriose. Il est, tout comme l’endomètre, influencé par les hormones du cycle menstruel (œstrogènes et progestérone). Dans de rares cas, ce tissu peut même s’implanter au delà de la cavité pelvienne.

Les différents types

En fin 2017, la HAS (Haute Autorité de Santé) a défini 3 types différents dans son rapport concernant les recommandations sur la pratique clinique de l’endométriose :

  1. Endométriose superficielle : limitée au péritoine, c’est-à-dire limitée à la membrane qui recouvre les organes de la cavité abdominale. Ce type ne touche pas les organes.
  2. Endométriose profonde : infiltre l’espace rétropéritonéal ou les viscères (rectum, vagin, utérus, vessie, uretère, intestin grêle, etc.). Ce type peut atteindre les organes de la cavité pelvienne.
  3. Endométriose ovarienne : kyste endométriosique situé sur l’ovaire que l’on appelle aussi endométriome ou kyste chocolat du fait de sa couleur brunâtre.

À savoir :

  • Le type n’a rien à voir avec l’intensité des douleurs. Une personne atteinte du type superficiel peut souffrir de nombreux symptômes douloureux par exemple.
  • Aussi, une personne peut être atteinte du type profond en même temps qu’ovarien. Un type n’exclut pas totalement un autre.

Les symptômes possibles

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L’endométriose peut être asymptomatique ou provoquer de multiples symptômes. Il n’y a pas UNE mais DES endométrioses car la maladie s’exprime différemment selon la personne touchée. Lorsque la maladie est symptomatique, elle peut grandement diminuer la qualité de vie. Les symptômes qui reviennent le plus souvent sont les suivants :

  • Dysménorrhées intenses (très fortes douleurs de règles qui peuvent résister à la prise d’un simple antalgique)
  • Douleurs pelviennes ou lombaires chroniques
  • Fatigue chronique
  • Dyspareunie profonde (douleurs si rapports intimes avec pénétration)
  • Douleurs à la défécation souvent beaucoup plus prononcées ou aggravées juste avant ou pendant les règles
  • Troubles au niveau de la sphère urinaire cycliques, souvent beaucoup plus prononcés juste avant ou pendant les règles
  • Infertilité

Comment se fait le diagnostic d’endométriose?

L’endométriose est une maladie difficile à diagnostiquer car elle peut s’exprimer différemment selon la personne touchée. De plus, les examens prescrits pour le diagnostic dépendent aussi des douleurs ressenties et du souhait de grossesse chez la personne suspectée d’endométriose. Ainsi, certaines personnes ne sont diagnostiquées que lorsqu’elles rencontrent un problème de fertilité. Comment la stratégie diagnostique se passe actuellement en France ? Je vous ai fait un schéma pour vous l’expliquer :

Comment ça se passe généralement le diagnostic d'endométriose en France

Comme vous pouvez le constater, il n’y a pas encore de dosage biologique (pour une prise de sang par exemple) ou d’examens spécifiques qui permettent de diagnostiquer l’endométriose. Aussi, si la prise de contraception hormonale (type pilule ou stérilet au lévonorgestrel) convient à la personne, il n’y aura pas de recherches plus poussées. Enfin, l’endométriose de type superficiel peut être difficile à détecter par échographie ou IRM. Cela explique peut-être pourquoi le diagnostic peut mettre tant d’année avant d’être posé.

Les traitements médicaux

Ce qu’il faut savoir avant tout, c’est qu’aucun traitement médicaux ne prétend guérir l’endométriose. Les traitements proposés ont pour but de soulager les symptômes douloureux avant tout. De fait, il n’existe pas de traitement concernant l’endométriose asymptomatique. Les traitements médicaux proposés pour les endométriose douloureuses sont :

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  • La contraception ou la supplémentation hormonale : Une pilule œstroprogestative ou un stérilet au lévonorgestrel (52mg et non 13,5mg) sont proposés en première intention. En deuxième intention, une pilule au désogestrel, un implant à l’étonogestrel ou un médicament à base du progestatif diénogest peut être proposé au choix. Le but de ces traitements est de stopper le développement des lésions d’endométriose en réduisant ou en empêchant notre production endogène d’œstrogènes pour ainsi diminuer les douleurs associées.
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  • Un traitement à base d’agoniste à la GnRH : Déconseillé chez les personnes de moins de 18 ans car risque de déminéralisation osseuse. Ce traitement crée une ménopause artificielle car sans GnRH, il ne peut y avoir de production des hormones du cycle menstruel dont les œstrogènes. Une supplémentation en hormones de synthèse est conseillée par la HAS pour éviter la baisse de densité minérale osseuse ou l’apparition de symptômes liées à la ménopause.
  • La chirurgie : Souvent associée avec la prise en pré et post-opératoire d’un traitement ou d’un contraceptif à base d’hormones de synthèse. La chirurgie peut permettre le retrait des lésions et adhérences mais ne promet pas une absence de récidive des lésions.

Et la naturopathie dans tout ça?

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En naturopathie, il est davantage question de soutenir le retour à l’équilibre ou du moins d’enrayer la progression des lésions en cherchant ce qui dans l’hygiène de vie peut faire le lit de la maladie. L’hygiène de vie comprend l’alimentation, le sommeil, l’impact du stress… En parallèle, il peut être aussi intéressant de se pencher sur la phytothérapie et/ou la micro-nutrition. Les études sur ces sujets n’en sont encore qu’à leurs débuts. Mais celles sur l’endométriose en général le sont tout autant, il faut bien le reconnaître.

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Sachez que l’accompagnement naturopathique est personnalisé et s’adapte à vous, vos spécificités et vos valeurs. Je rappelle cependant que mon accompagnement naturopathique n’est pas un « quick fix » ou une solution miracle en bouteille et encore moins un remplacement de suivi médical. Il peut en revanche s’inscrire dans un suivi pluridisciplinaire. C’est avant tout de l’éducation de santé. En tant que naturopathe, je suis là pour vous apprendre ce qui, au quotidien, peut soutenir ou dégrader VOTRE équilibre de santé personnel. Et cela peut prendre plus de temps qu’un simple rdv.

Exemples de conseils naturopathiques spécial endométriose :

Voici quelques exemples de conseils qui peuvent faire partie de mon accompagnement spécial endométriose :

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  • Avoir une alimentation qui soutient VOTRE équilibre glycémique. Une glycémie non stabilisée au quotidien fait le lit de l’inflammation chronique de bas grade avec une augmentation de production de prostaglandines pro-inflammatoires comme le PGE2. La PGE2 impacte le système immunitaire en retirant aux macrophages la capacité de phagocyter les lésions d’endométriose, les laissant ainsi proliférer.
  • Augmenter dans l’alimentation la part d’aliments anti-inflammatoires et évitez les aliments qui provoquent de l’inflammation chez VOUS. L’endométriose est une pathologie inflammatoire et ce que vous mangez au quotidien peut soit provoquer de l’inflammation, soit l’apaiser. Certains aliments peuvent pousser votre système immunitaire à produire des cytokines inflammatoires, ou altérer votre flore intestinale et faire qu’elle produise trop de toxines inflammatoires comme le LPS (lipopolysaccharide) et créer de la perméabilité intestinale. Il n’est pas rare que certaines personnes diagnostiquées d’endométriose le soit aussi du SIBO. De même il a été prouvé que la perméabilité intestinale est en cause dans l’endométriose.
  • Promouvoir l’intégrité de la muqueuse intestinale par un apport adéquat dans l’alimentation (ou en complément si nécessité) en vitamines A et D, en zinc et en fibres. Parfois un complément en L-Glutamine peut être proposé.
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  • Promouvoir l’équilibre de la flore intestinale par l’apport de probiotiques spécifiques si nécessaire mais d’abord en veillant à la qualité de l’alimentation et du sommeil. Les souches de probiotiques Lactobacillus ont prouvé scientifiquement leur potentiel de réduction des douleurs d’endométriose. Si vous souffrez du SIBO, une cure encadrée d’un complément de qualité à base berbérine peut plutôt être proposée avant les probiotiques. La berbérine est un alcaloïde dont les effets bénéfiques sur la régulation, en autres, du microbiote a été démontré scientifiquement. Attention cependant, ce complément est déconseillé en cas de grossesse et d’allaitement et il ne doit pas être pris en même temps que certains traitements médicaux pour éviter les interactions .
  • Promouvoir l’équilibre du système nerveux par l’alimentation (stabilisation de la glycémie et apport en magnésium et vitamines du groupe B), le sommeil qualitatif et la remise en question de certaines exigences personnelles ou autre quant à leur utilité dans votre bien-être.

Quelques compléments naturels ont prouvé leur utilité en plus de l’optimisation de l’hygiène de vie

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Certains compléments spécifiques ont prouvé scientifiquement leur utilité dans la réduction des douleurs ou des lésions d’endométriose :

  • La mélatonine : Souvent appelée l’hormone du sommeil, la mélatonine, que l’on sécrète grâce à l’obscurité et qui induit le sommeil, a en fait de multiples propriétés pour notre santé. En effet, elle est à la fois antioxydante, anti-inflammatoire, immuno-régulatrice et soutient les capacités détoxifiantes de notre corps. Si avoir un sommeil de qualité est primordial pour soutenir notre équilibre de santé, la prise de mélatonine en complément a prouvé ses effets bénéfiques en cas d’endométriose en réduisant les douleurs de manière significative.
  • Le NAC : Abrégé de N-acétyl-cystéine qui sert de précurseur au glutathion, l’un des antioxydants les plus importants de notre corps. Une étude de 2013 a montré qu’une complémentation en NAC pendant au moins 3 mois a la capacité de non seulement réduire les douleurs mais aussi de faire disparaitre les lésions et tout cela sans effets secondaires. Je mets juste en garde contre le surdosage qui peut affiner la muqueuse de l’estomac.
  • La curcumine du curcuma : Elle a prouvé ses propriétés anti-inflammatoires et antioxydantes dans le cadre de l’endométriose. Mais ce n’est pas tout, il a aussi été prouvé que la curcumine pouvait directement empêcher la propagation des lésions. C’est pourquoi le curcuma dans l’alimentation ou un complément à base de curcumine peut est très intéressant en cas d’endométriose.

Besoin d’un rdv naturopathique ?

Envie de bénéficier de mon accompagnement naturopathique? N’hésitez pas à prendre rdv directement sur le calendrier du site ici. Sachez que les rdv sont disponibles en ligne comme au cabinet. En attendant, prenez bien soin de vous!

Votre naturopathe menstruée et passionnée,

Margot-Hélène Piquenot

Sources :
  • Haute Autorité de Santé. Prise en charge de l’endométriose. Saint-Denis La Plaine: HAS; décembre 2017. Mis en ligne en 2018.
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